Seytoo — Des idées et des histoires qui inspirent. Nos coutumes et notre religion nous enfoncent-ils dans la misère. — Seytoo. S'instruire. S'épanouir.
×
menu
search
live_tv
EN
search

Actualités
Analyses
Lifestyle
Vidéos
Chroniques

En cliquant sur « Je m'inscris », vous acceptez la Politique de Confidentialité de Seytoo.
Créez votre compte !
keyboard_arrow_left

Préc.


Partag.

save

Enreg.
keyboard_arrow_right

Suiv.

Société et style de vie

Nos coutumes et notre religion nous enfoncent-ils dans la misère ?

23 décembre 2021, Aminata Dème SATHIE
Nos coutumes et notre religion nous enfoncent-ils dans la misère ?

Alors que toutes les méthodes de contraception sont disponibles à souhait au Sénégal, la tradition et la religion continuer d’être les principaux blocages à la politique de planification familiale.

10 heures à l’hôpital Abass Ndao de Dakar. En ce mercredi, jour du marché hebdomadaire sur cet espace, les ruelles du quartier Gueule Tapée grouillent de monde. Les étals de friperie, de chaussures, de pacotille ou de nourriture occupent jusque devant l’entrée de l’hôpital. Acheteurs et vendeurs s‘interpellent. C’est dans cette foule que les malades et accompagnants tentent de se frayer un chemin pour rejoindre l’hôpital. Au portail, un vigile nous indique le service gynécologique où une trentaine de femmes sont assises à la salle d’attente tandis que d’autres patientent sur un banc à l’entrée du bureau de la sage femme. Munies de leur carnet de visite, elles attendent leur tour. La méthode de contraception choisie ainsi que les dates des rendez vous de contrôle y ont soigneusement notés. Cinq de ses femmes sont visiblement enceintes. Le gros ventre dissimulé dans un voile en témoigne ainsi que des masques de grossesses. Si ces dernières sont venues pour un suivi de leur grossesse, les autres sont là pour un planning familial. C’est le cas de Fatou Fall, une dame trouvée sur place. « C’est mon troisième rendez vous. Comme contraception j’ai choisi le stérilet, au début j’avais une infection mais maintenant tout marche à merveille, je compte l’enlever quand mon enfant sera sevré. Il a juste un an », confie t-elle.

Assise à ses cotés, une dame la trentaine bien sapée ajoute : « mon mari et moi avons convenu de limiter mes naissances en cinq enfants par intervalle de trois ans. Ce qui nous permettra de les éduquer convenablement ». Marième FaIl elle, a huit bouts de bois pour ses 28 hivernages et regrette de n’avoir pas eu la chance d’être sensibilisée à temps sur le planning familial : « c’est récemment que j’ai pris connaissance de possibilité de limitation des naissances par une amie. Chaque trois mois je viens prendre la piqure car je ne veux plus tomber enceinte chaque année. Ainsi j’aurai du temps pour prendre soin de moi », nous dit t-elle.

Même son de cloche chez Mme Sall. Manifestement ces dames ont choisi de prendre leur enfantement en main : « J’ai des jumeaux qui n’ont que six mois. Alors, je ne peux pas prendre le risque d’être à nouveau enceinte. Comme méthode j’ai choisi les implants, je ne l’enlèverai que quand je me sentirai prête » promet t-elle l’air ferme.

Contrairement à ces dames, d’autres ne semblent pas convaincues par la modernité. Hélas, cette vendeuse de cacahuètes, trouvée à Ouakam a une autre vision de l’enfantement. Sa petite fille de cinq ans lui attise le feu au moment ou deux autres garçonnets qui semblent être des jumeaux sont sur la natte. Le dernier né est accroché à son sein gauche pendant qu’il range son étal : « je ne ferai jamais de la planification familiale, je préfère avoir le nombre d’enfant que Dieu m’a destinée » lance t-elle dans un accent peulh et d’ajouter « mon rôle en tant que femme est de perpétuer la race du prophète et je ne plains pas mon mari non plus ». En effet, beaucoup d’hommes refusent encore d’adhérer à cette politique de planification familiale. Ainsi, leurs épouses trop dociles ne pensent pas faire autrement. C’est ce que rétorque Aliou Sarr, 58 ans « Les enfants sont la meilleur richesse, ma femme en aura autant que possible. C’est ce qui perpétue mon nom. Et c’est cela également notre tradition ».
▼ Partagez votre commentaire

▼ Nous vous recommandons